Nos positions sur le Label Bas Carbone

Air'Bo Carbon Capture Storage

Air'Bo et le Label Bas-Carbone : ce que nous en gardons, ce que nous faisons autrement

notre position

Le cadre

Il existe en France un cadre public de certification de la séquestration carbone. Il est rigoureux, il était nécessaire, et nous l’utilisons tous les jours.

Nous nous en inspirons intégralement. Nous ne le suivons pas à la lettre.

Cette page explique pourquoi, sans détour et sans procès d’intention, parce qu’un acheteur de crédits carbone mérite de savoir exactement ce qu’il achète, ce qu’il n’achète pas, et sur quelle méthode reposent les chiffres qu’on lui présente.

ce que le label a réussi

Une méthode nécessaire

Disons-le d’emblée et sans réserve : le Label Bas-Carbone est une excellente méthodologie, et il était indispensable.

Avant 2018, valoriser la séquestration carbone d’une forêt française relevait à peu près de la déclaration sur l’honneur. On avançait des tonnages sans chaîne de calcul publiable, sans scénario de référence, sans vérification, et parfois sans garantie que la même tonne ne soit pas vendue deux fois. Le label a mis fin à cela en imposant quatre principes devenus le socle de tout ce qui se fait de sérieux : l’additionnalité, démontrer que le projet n’aurait pas existé sans le revenu carbone ; la permanence, anticiper l’incendie, la tempête et l’aléa sanitaire sur le temps long ; l’unicité, tracer chaque tonne pour qu’elle ne soit jamais cédée deux fois ; et la vérification par un auditeur indépendant.

Il a surtout produit une chaîne de calcul publique et opposable : volume sur pied, facteur d’expansion des branches, infradensité propre à chaque essence issue de la base XyloDensMap de l’INRAE, équation racinaire, taux de carbone du GIEC, litière, bois mort, carbone du sol, et comparaison explicite entre un scénario de référence et un scénario de projet. N’importe qui peut refaire le calcul et le contester. C’est exactement ce qui manquait au marché volontaire, et c’est ce que nous utilisons.

Les résultats sont là : près de 2 000 projets labellisés fin 2025, représentant plus de 7 millions de tonnes de CO₂ équivalent évitées ou séquestrées, principalement en agriculture et en forêt. La réforme de septembre 2025 a encore renforcé l’édifice, avec un registre public traçant le cycle de vie de chaque crédit.

Nous ne contestons donc pas la méthode. Nous constatons qu’elle n’a pas été conçue pour les surfaces que nous traitons.

cinq raisons

Pourquoi nous ne labellisons pas

1. Le coût fixe est indivisible. Diagnostic, montage, notification, vérifications et audit final ne varient pas avec la surface. Notre calcul sur un cas réel, 1,35 hectare de feuillus diversifiés dans l’Allier : 45 à 64 tonnes de CO₂ équivalent après rabais réglementaires, soit 1 400 à 2 600 euros de crédits, contre 2 000 à 5 000 euros de coûts fixes d’ingénierie et d’audit. Le label y coûte plus cher qu’il ne rapporte, et le seuil de bascule se situe vers quatre à cinq hectares. Un dispositif qui rend un projet vertueux économiquement absurde en dessous de cinq hectares écarte de fait la petite propriété, c’est-à-dire l’essentiel du foncier délaissé français, morcelé par des siècles de partages successoraux.

2. La complexité administrative dépasse l’enjeu. Document de gestion durable, examen au cas par cas de l’autorité environnementale, réglementation départementale des boisements, arrêté préfectoral sur les matériels forestiers de reproduction, estimation certifiée des accrus sur pied, engagement de maintien de l’état boisé sur trente ans. Chaque étape se justifie isolément. Empilées sur un hectare, elles produisent une bureaucratie sans commune mesure avec les tonnes en jeu. L’État l’a d’ailleurs reconnu : la réforme de 2025 affiche explicitement l’objectif de simplifier le montage de projet.

3. Les rabais réglementaires effacent une part considérable du résultat. Dix pour cent au titre des risques naturels et sanitaires, cinq à quinze pour cent au titre de l’incendie, et quarante pour cent supplémentaires faute d’analyse économique du bénéfice actualisé. Ces prudences sont légitimes sur un portefeuille de milliers d’hectares, où la moyenne joue. Sur une parcelle unique, elles s’additionnent en une décote qui atteint la moitié du stock réellement constitué.

4. Le traitement du sol et du scénario de référence pénalise le boisement de prairie. La méthode retient 84,6 tonnes de carbone par hectare dans le sol d’une prairie permanente contre 81 sous forêt : valeurs quasi identiques, donc aucun gain crédité sur ce compartiment. Elle déduit ensuite l’enfrichement spontané qui se serait produit sans intervention. Nous ne contestons pas cette logique, elle est honnête. Nous contestons qu’elle épuise la question. Une friche livrée à elle-même produit du bouleau et du tremble, peu longévifs et sensibles à la sécheresse, appelés à régresser sous un déficit hydrique aggravé. Un boisement conduit produit un peuplement diversifié qui tiendra un siècle. Ramener ces deux trajectoires à un écart de tonnage à trente ans, c’est ignorer ce qui les sépare.

5. L’horizon de trente ans est trop court pour un arbre. Un chêne atteint son accroissement maximal entre cinquante et quatre-vingts ans. Arrêter la comptabilité à trente ans, c’est chronométrer un coureur de fond à la fin de son échauffement. Nous raisonnons à cent ans : c’est l’échelle réelle du peuplement, et celle à laquelle le choix des essences devient décisif.

Ajoutons une observation qui n’engage que nous. On redécouvre depuis quelques années, avec un enthousiasme de colloque, que les arbres captent des gaz à effet de serre. C’est heureux. Mais pendant que se bâtissent des architectures méthodologiques de plusieurs centaines de pages, des milliers d’hectares délaissés continuent de s’enfricher sans que personne n’y plante quoi que ce soit — souvent parce que leur propriétaire n’a ni les moyens ni le temps de comprendre le dispositif censé l’aider. Notre parti pris est inverse : planter d’abord, calculer honnêtement, expliquer simplement.

notre méthode

Ce que nous faisons à la place

Nous mesurons la station au lieu de l’estimer. Cinq sondages à la tarière et une fosse par unité stationnelle : profondeur prospectable, texture, charge en cailloux, et surtout réserve utile en eau. Là où un référentiel national applique des valeurs régionales par défaut, nous partons de ce que le sol dit. Entre une station à 70 millimètres et une à 110, ce ne sont ni les mêmes essences, ni les mêmes volumes, ni le même carbone.

Nous choisissons les essences pour 2075, pas pour les catalogues. Chaque projet passe deux hypothèses : plus trois degrés et moins trente pour cent de pluie pour le dimensionnement, plus six degrés et moins quarante pour cent en test de robustesse. Une essence qui échoue à la première est écartée, quelle que soit sa performance actuelle. Chênes thermophiles, provenances méridionales et ibériques, six à huit essences par projet, aucune dominante, aucune envahissante.

Nous calculons avec la chaîne officielle, appliquée à des données réelles. Volume sur pied, facteur d’expansion des branches, infradensité propre à chaque essence, équation racinaire, taux de carbone de 0,475, facteur 44/12. Nous y ajoutons une décote de calage climatique de quinze à quarante pour cent, toutes les tables de production françaises ayant été calibrées sur le climat du vingtième siècle. Nous retranchons le scénario de référence et les émissions de nos propres travaux. Le calcul est remis à l’acheteur, ligne par ligne.

Nous comptons les co-bénéfices comme faisant partie du produit. Bois d’œuvre et bois de chauffage à terme, sol qui cesse de s’éroder, nappes rechargées, îlot de fraîcheur, continuité écologique rétablie, risque d’incendie contenu, essences adaptées transmises au territoire. Une tonne retenue par une forêt diversifiée n’a pas la même valeur qu’une tonne retenue ailleurs.

Nous vendons de la contribution, jamais de la neutralité. Nos unités ne sont pas certifiées par l’État et nous l’écrivons en toutes lettres. Le droit européen interdit d’ailleurs désormais de revendiquer une neutralité carbone fondée sur la compensation. Nous nous adressons aux petites et moyennes entreprises, que le marché du carbone a superbement ignorées, avec une proposition simple : financer un boisement identifié, sur une parcelle nommée, dont on peut aller voir les arbres.

Le calcul complet de chaque projet est remis à l’acheteur. Demandez-nous un exemple réel.

Label Bas-Carbone — méthode Boisement version 3 du 2 septembre 2025

FAQ

Vos crédits carbone sont-ils certifiés par l'État français ?

Non, et nous ne le laisserons jamais entendre. Nos unités relèvent du marché volontaire et ne bénéficient d’aucune reconnaissance publique. Nous appliquons la chaîne de calcul de la méthode Boisement, référentiel public, mais nos projets ne sont ni notifiés ni audités par un vérificateur agréé. Toute communication laissant croire l’inverse serait trompeuse.

Parce que sur les surfaces que nous traitons, de 0,5 à 2 hectares, les coûts fixes dépassent la valeur des crédits générés : 2 000 à 5 000 euros de labellisation pour 1 400 à 2 600 euros de crédits. Nous préférons consacrer cette somme au sondage du sol, au choix des essences et aux cinq premières années d’entretien, qui déterminent la survie du peuplement.

Dans son sol, presque : 85 tonnes de carbone par hectare sous prairie permanente contre 81 sous forêt. Mais un sol de prairie est à l’équilibre et n’en gagnera plus, quand une forêt ajoute biomasse, litière et bois mort, soit plusieurs centaines de tonnes de CO₂ par hectare sur un siècle. Sans compter ce qu’une prairie ne produit pas : bois, habitats, ombrage, ralentissement des écoulements.

La transparence intégrale. Nous remettons le calcul poste par poste, avec les hypothèses, les sources et les fourchettes d’incertitude, y compris celles qui nous desservent. Les placettes de suivi sont matérialisées et mesurées à cinq, dix, quinze, vingt et trente ans. Vous pouvez venir vérifier sur pied.

Non, et personne ne le peut plus : le droit européen interdit désormais les allégations de neutralité carbone fondées sur la compensation. Ce que vous pouvez faire, et qui reste légitime, c’est déclarer une contribution : le financement identifié d’un boisement réel, sur une parcelle nommée, avec un volume calculé et documenté. Moins vendeur qu’un logo, incomparablement plus solide.

Parce que personne ne s’en occupe. Les grands groupes ont des directions RSE, des budgets et un accès direct aux opérateurs labellisés. Les petites et moyennes entreprises, qui forment l’essentiel du tissu économique français, se voient proposer des crédits internationaux opaques ou rien du tout. Nous leur offrons un projet français, à taille humaine, dont on peut aller voir les arbres pousser.

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